Les attaques dites « zéro-clic » représentent un point de rupture dans le panorama de la menace cyber. Alors que les campagnes de sensibilisation nous apprennent depuis plusieurs années à ne pas cliquer, ne pas ouvrir ou ne pas répondre à certains messages, les attaques zéro-clic, quant à elles, se passent totalement de notre intervention. Elles exploitent directement des failles pour s’exécuter de manière silencieuse, souvent invisible, et particulièrement efficace. Si ce type d’attaque n’est pas récent, il se perfectionne au fur et à mesure des progressions technologiques…
Un procédé ancien, favorisé par la complexité numérique
Le principe des attaques zéro clic n’est pas nouveau. Exploiter une vulnérabilité sans interaction explicite de l’utilisateur fait partie de l’histoire de la cybersécurité depuis longtemps. Ce qui change, c’est le terrain de jeu : la généralisation des smartphones, des applications interconnectées, des services cloud et des mises à jour automatisées a considérablement élargi les surfaces d’attaque.
À mesure que la technologie progresse, les attaques gagnent en discrétion, en précision et en efficacité. Alors qu’hier, l’attaquant devait convaincre un utilisateur, il lui suffit désormais d’exploiter la complexité des environnements numériques et la sophistication des logiciels qui les composent.
Le principe du zéro-clic : exploiter des failles sans laisser de trace visible
Une attaque zéro-clic repose sur l’exploitation d’une vulnérabilité dans un logiciel ou un service qui traite automatiquement des données. Il peut s’agir d’une application de messagerie, d’un service de communication, d’un composant système ou d’une bibliothèque logicielle.
Concrètement, un message spécialement conçu, un appel, voire un simple flux réseau peut déclencher l’exécution de code malveillant. L’utilisateur n’a rien à ouvrir, rien à accepter, rien à cliquer. Dans certains cas, il n’est même pas conscient qu’un événement a eu lieu.
Ce caractère invisible rend ces attaques particulièrement redoutables :
- elles contournent les mécanismes classiques de sensibilisation,
- elles génèrent peu de signaux d’alerte,
- elles peuvent rester actives longtemps sans être détectées.
Les cibles sont rarement choisies au hasard. Les profils disposant d’accès étendus ou manipulant des informations sensibles comme les dirigeants, les fonctions financières, juridiques ou IT, présentent une valeur informationnelle élevée. Une compromission à ce niveau peut ouvrir un accès durable à des données stratégiques, sans bruit ni interruption apparente.
Comment se protéger : de la réaction technique à la gouvernance du risque
Comme d’habitude en cybersécurité, la protection absolue n’existe pas. En revanche, plusieurs leviers permettent de réduire l’exposition au risque.
Le premier reste fondamental : la maîtrise des vulnérabilités. Une gestion rigoureuse des mises à jour, des correctifs et des composants logiciels utilisés limite les fenêtres d’exploitation. Cela suppose une bonne connaissance des environnements réellement déployés, y compris sur les terminaux mobiles.
Le deuxième levier concerne la réduction des surfaces d’attaque. Tous les services, applications et fonctionnalités ne sont pas indispensables. Questionner les usages réels, limiter les applications autorisées et cloisonner les environnements permet de contenir l’impact d’une compromission.
Enfin, la protection face aux attaques invisibles repose largement sur la détection comportementale et la gouvernance. Lorsqu’un signal n’apparaît pas côté utilisateur, il doit être recherché ailleurs : accès inhabituels, mouvements latéraux, comportements anormaux sur les données sensibles…
Cela implique une réflexion structurante : savoir quelles informations ont le plus de valeur, quels sont les rôles critiques, et quels risques sont acceptables.
Si les attaques zéro-clic restent coûteuses et ciblées, leur logique tend à se diffuser à mesure que les outils et les vulnérabilités se standardisent. Elles rappellent que la cybersécurité est non seulement une affaire d’outils ou de procédures mais surtout un sujet de pilotage stratégique du patrimoine informationnel.
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